Le lundi 22 juin 2020, Be natural, l’histoire cachée d’Alice Guy Blaché sera le premier documentaire sur Alice Guy à sortir au cinéma. Grâce au Prix Alice Guy.

Be natural : l’histoire cachée d’Alice Guy-Blaché en salle dès le 22 juin 2020

Be natural, l’histoire cachée d’Alice Guy Blaché, le documentaire que l’américaine Pamela B. Green a mis huit ans à réaliser, devait sortir sur les écrans français le 18 mars 2020. Deux ans après avoir été dévoilé au Festival de Cannes 2018 et projeté au Festival du Film américain de Deauville. Mais, le Covid et le confinement ont une nouvelle fois perturbé la révélation de l’histoire et du talent d’Alice Guy au public. Ce sera désormais possible dès la réouverture des salles le 22 juin 2020.

 

Ce décalage inopportun ne dit pas que l’envie de sortir ce film et surtout Alice Guy de l’oubli est née des réflexions d’une fillette de 7 ans. Tessa a assisté à la soirée de la remise du Prix Alice Guy 2019. Sa mère et un ami, tous deux distributeurs de films de patrimoine, étaient venus voir Un Amour Impossible de Catherine Corsini. Ils connaissaient le nom d’Alice Guy, la salle qui porte son nom à la Femis, mais n’avaient jamais vu aucun de ses films sur grand écran. Et encore moins au Max Linder !

Alice Guy s'invite à la réouverture des cinémas - Prixaliceguy.com

Alice Guy sur un tournage en décor naturel

La soirée de remise du Prix Alice Guy commence systématiquement par une présentation d’Alice Guy, de sa carrière, de son parcours, de son talent. Elle se poursuit  par la projection de trois ou quatre de ses films et par l’explication de leur importance dans l’histoire du cinéma.

La révélation de Tessa, 7 ans

L’ensemble plait plus que d’habitude à Tessa. « Bien plus qu’une simple sélection de films muets », explique Serge Fendrikoff, responsable de Splendor Films, qui l’accompagnait ce soir-là. « Les films l’interrogent à plusieurs niveaux. Lors du retour en voiture, Tessa a posé de nombreuses questions. Elle a insisté sur le fait que les femmes qu’elle avait vues dans les films d’Alice Guy étaient fortes, qu’elles faisaient ce qu’elles voulaient. Qu’elles étaient de vraies héroïnes et non pas les faire-valoir habituels ». Tessa a adoré Madame a des envies ! Elle a aussi été frappée de voir la Cake Walk Dance avec un casting composé d’acteurs tous noirs.

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Madame a des envies d’Alice Guy (1906)

« Les réflexions de Tessa dépassaient de loin la simple émotion. Elle interrogeait les propositions d’Alice Guy sur la représentation. Elle s’est aperçue que ce n’était pas ce qu’elle avait l’habitude de voir », poursuit Serge Fendrikoff. Quand elle nous a demandé pourquoi Alice Guy n’était pas plus connue, aucune de nos réponses ne l’a satisfaite».  Jusqu’à cette interjection envoyée à sa mère, responsable de Mary X Distribution : « Et toi, qu’est-ce que tu fais pour lutter contre cet oubli-là? ».

Le documentaire Be Natural + des films d’Alice Guy

L’Injection est forte. Mary X Distribution et Splendor Films décident d’y répondre en montrant les films d’Alice Guy. Echaudés par la sortie délicate d’un film muet, ils décident de concocter un programme de ses œuvres en s’appuyant un film contemporain. Leur choix se porte sur Be natural, l’histoire cachée d’Alice Guy Blaché le documentaire de Pamela B. Green. C’est le plus récent. Mais soyons honnête il n’y en a eu que deux auparavant : Le jardin oublié de la québécoise Marquise Lepage, dont les droits ne sont pas libres, et celui d’Emmanuelle Gaume, Elle s’appelle Alice Guy (2017), prévu pour la télévision.

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Be natural, la vie cachée d’Alice Guy Blaché sort le 22 juin 2020

Le film de Pamela B. Green a aussi l’avantage de retracer la longue enquête qu’a menée sa réalisatrice, en France bien sûr, mais aussi et surtout aux Etats-Unis. Elle y a même retrouvé et fait restauré un ou deux films perdus d’Alice Guy. Ce documentaire est en plus porté par des parrains célèbres : Robert Redford, Hugh Heffner, Martin Scorsese et surtout Jodie Foster, à la fois co-productrice et narratrice.

En salle dès 22 juin

Be natural, l’histoire cachée d’Alice Guy Blaché sortira donc le lundi 22 juin 2020, dans un peu plus d’une trentaine de salles en France. Toutes ont la possibilité d’accompagner cette sortie d’un programme de films d’Alice Guy. Trois sont à leur disposition : le premier sur sa période française chez Gaumont, les deux autres sur sa production américaine de la Solax. Une occasion unique de passer un peu plus de quatre heures en compagnie d’Alice Guy et de son œuvre. Certaines séances seront aussi présentées par des spécialistes.

Ce sera le cas à la Filmothèque le mercredi 24 juin 2020 au soir ou au Luxy d’Ivry le lundi 29 juin où  j’officierai en tant que fondatrice du Prix Alice Guy. Venez nombreux !

 

Les films d’Alice Guy à découvrir

Voici les trois programmes composés de films d’Alice Guy qui accompagneront le documentaire Be Natural :

Programme 1 « Période Solax » – 1h 04min

• Falling leaves (drame, 1912 ; 9:25)
• Making an American citizen (comédie, 1912, 12:41)
• The ocean waif (drame, 1916 ; 28:44)
• Matrimony’s speed limit (comédie, 1913 ; 13:21)

Programme 2  « Période Solax » – 50 min

• The girl in the arm chair (drame, 1913, 9:59)
• A house divided (drame 1913, 13:33)
• Algie, the miner ( 1912 10:07)
• Greater love hath no man (1911 17:11)

Des courts-métrages sont aussi disponibles mais sans musique, ni sous-titres :

• Canned Harmony (1911)
• Officer Henderson (1913)
• His double (1913)
• Road leads home (1911)
• The sewer (1912)
• Burstup Holmes murder case (1913)
•The thief (1913)
• Mixed pets (1911)

Programme 3 « Période Gaumont » – 46 mn

Baignade dans un torrent (1897,  01: 01)
La fée aux choux(1901, 01 : 06)
Danse serpentine (1902, 01:35)
Sage femme de première classe (1902, 04:29)
Comment monsieur prend son bain (1903, 01:19)
Le vrai Ju Jitsu (1906, 02:32)
Madame a des envies ( 1906, 04:25)
Les résultats du féminisme (1906, 07:41)
La course à la saucisse (1907, 04:28)
Le billet de banque (1907, 11:33)
Sur la barricade (1907, 04:30)
Alice Guy tourne une phonoscène (1907, 02:02)

© Splendor/ Gaumont